Présentation

Titulaire d'un Master 2 "Gestion des Littoraux et des Mers", je souhaite par l'intermédiaire de ce blog informer et sensibiliser les citoyens en matière d'environnement littoral et marin.

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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /Oct /2006 11:41

La posidonie est une plante à fleurs (et non une algue) qui joue un rôle majeur dans l’espace littoral méditerranéen ; on la rencontre entre 0 et 30-35 mètres de profondeur. Elle constitue de véritables prairies sous-marines (appelées herbiers de posidonies) qui recouvrent entre 1 et 2 % des fonds méditerranéens. Leur densité peut atteindre mille faisceaux de feuilles par m2 (avec environ 8 feuilles par faisceau).

Le développement des posidonies engendre la création d’une matte, qui correspond à un amoncellement de feuilles, de sédiments, de racines et de rhizomes (morts ou vivants). Cette matte s’élève lentement : environ un mètre par siècle. Elle permet notamment la stabilisation des fonds marins et participe ainsi à la lutte contre l’érosion des côtes.

Les prairies de posidonie abritent une multitude d’organismes marins. Elles servent ainsi à l’alimentation des oursins et de diverses espèces de poissons qui se nourrissent des algues et animaux fixés sur les feuilles ou des feuilles elle-même. Elles font également office d’abris pour les poissons de petites tailles ou encore de lieux de nurserie et de reproduction. L’herbier à Posidonia oceanica est ainsi considéré comme un des écosystèmes les plus importants en Méditerranée.

Cependant, cet habitat est menacé par les activités humaines : bétonnage des côtes, rejets urbains qui provoquent un manque de lumière en profondeur, pollutions générées par les bateaux, ancrages qui raclent les fonds, chalutage, introduction d’espèces invasives comme la Caulerpe (Caulerpa taxifolia), etc. De plus, la progression des posidonies est très lente (trois centimètres par an en moyenne).

La posidonie est une espèce protégée par la loi (arrêté du 19 juillet 1988) et par la Convention de Berne. Il est donc interdit de la ramasser, de la détruire ou de la transporter.

Cycle biologique 

Comme toute les plantes à fleurs, les posidonies se reproduisent par des graines. Au mois de septembre se forment les premiers boutons. Viennent ensuite les fleurs (octobre et novembre), groupés par inflorescences qui portent plusieurs pistils ou étamines.

Le pollen est disséminé par les courants et va s’accrocher au pistil des plantes proches. Les fruits apparaissent au cours de l’hiver. A la fin du printemps (mai et juin), ils ressemblent à des olives vertes. Ils se détachent et flottent pendant une dizaine voire une quinzaine de jours. A terme, le fruit pourrit et libère une graine qui coule et se dépose sur le fond. Celle-ci germera si les conditions du milieu sont favorables.

Par Aurélien DALOZ - Publié dans : Biologie
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 15:04

Que ce soit sur les côtes érodées ou en engraissement, l’homme cherche à contrôler les processus naturels.

Ainsi, des projets ambitieux sont à l’œuvre en baie de Somme et au Mont-Saint-Michel afin de permettre le retour des eaux. Mais dans les zones en érosion, les préoccupations des habitants ne sont pas moindres.

Le phénomène d’érosion des côtes est amplifié par ce que l’on appelle la dérive littorale. Celle-ci correspond à un courant parallèle à la côte qui permet le transport des sédiments selon sa direction et son sens.

Il existe plusieurs types de protection du littoral :

Les épis sont des ouvrages perpendiculaires à la côte dont le but premier est de stabiliser une plage. Néanmoins, leur efficacité reste marginale car s’ils arrivent à retenir les sédiments d’un côté, ils renforcent le phénomène d’érosion après le dernier ouvrage et selon la dérive littorale (cf. schéma ci-dessous).

 

 

 

 

 

 

 

Les brise-lames sont situés parallèlement au rivage et sur les petits fonds. Ils permettent de casser l’énergie des houles frontales dans le but d’accroître la taille des plages. Mais de même que pour les épis, leur efficacité est discutable car ils entraînent un recul du trait de côte entre chaque ouvrage.

Les murs de protection sont destinés à stabiliser le haut du rivage afin de protéger les constructions de l’action de la mer, notamment lors des tempêtes. Le problème est qu’ils interrompent les échanges sédimentaires entre le haut de plage et le rivage, d’où l’émergence de déséquilibres. De plus, ils on tendance à amplifier l’énergie des vagues qui ne peuvent plus se dissiper, d’où un accroissement de l’érosion.

Les enrochements sont utilisés pour protéger, par exemple, le pied des falaises calcaires. Outre leur aspect inesthétique, ils n’empêchent pas l’action érosive due à l’eau de pluie.

L’alimentation artificielle des plages est possible, mais elle nécessite que le matériel utilisé soit aussi proche que possible du matériel en place (granulométrie notamment). Ces solutions sont coûteuses mais efficaces si l’on respecte la nature des sédiments en place.

La protection des dunes s’effectue par la pose de ganivelles (petites palissades en bois) et de filets brise-vent. Cumulé à l’implantation d’espèces psammophiles (adaptées au sable), ce procédé permet de stabiliser la formation dunaire.

D’autres solutions existent ou sont à l’étude. Certains pensent même que le recul stratégique sur les littoraux à côtes basses est indispensable en raison de l’élévation du niveau moyen de la mer. En effet, sur le long terme, il coûterait vraisemblablement moins cher de reloger les populations plus loin dans les terres que d’entamer des travaux de lutte contre les éléments naturels.

Par Aurélien Daloz - Publié dans : Littoral (généralités)
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 14:26

Les ressources marines ont toujours été exploitées par l’Homme pour répondre à son besoin de nourriture. La pêche représente un domaine qui correspond encore à une activité ancestrale de chasseur-cueilleur, tandis que l’essentiel de notre société est passé aux principes d’élevage et de culture. Mais que ce soit pour l’un ou l’autre de ces modes d’alimentation, l’impact sur le milieu est préoccupant, car l’effort sur celui-ci ne semble pas avoir de limite.

Les chiffres sont alarmants : 80 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans le monde. La demande augmente quant à elle à un rythme de 2 % par an. D’après la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 27 millions de tonnes de poissons ont été rejetées à la mer entre 1988 et 1990 ; 25 % des poissons capturés annuellement sont rejetés morts à la mer.

A l’heure actuelle, c’est l’océan pacifique qui fournit l’essentiel des prises (60 % environ), suivi de l’Atlantique (30 %) et de l’océan Indien (10 %). La Chine et le Pérou sont les premiers pays en terme de capture. La surexploitation qui dure depuis des décennies a provoqué la raréfaction d’espèces emblématiques tels que la morue, le thon rouge ou l’espadon.

Du point de vue économique et social, la pêche génère des dizaines de millions d’emplois directs et indirects au niveau mondial. En France, on compte à l’heure actuelle environ 8 000 navires de pêche et 20 000 marins, mais ces chiffres sont en diminution.

Un autre élément important de la problématique pêche est la transformation des poissons en farine à destination des élevages d’animaux de toutes sortes. On estime ainsi à environ 30 % les prises destinées à cet usage (FNH). Enfin, on ne peut parler de raréfaction de la ressource sans évoquer la pollution et la dégradation des zones côtières, qui correspondent aux zones de reproduction, de développement et de croissance de l’essentiel des ressources halieutiques.

L’aquaculture deviendra ainsi indispensable pour répondre à la plus grande partie de la nouvelle demande de consommation de poisson. Elle représente 20 % (en terme de tonnage) de la production française de poissons frais. On recense déjà 4 000 entreprises d’aquaculture dans notre pays. Il sera cependant nécessaire de veiller à la croissance de cette activité ; les fermes aquacoles pouvant provoquer des pollutions de l’eau et concourir à la destruction de certains littoraux. Par exemple, un tiers des destructions de mangroves dans le monde seraient imputables aux élevages de crevettes.

Par Aurélien DALOZ - Publié dans : Pêche
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /Sep /2006 13:36

La France métropolitaine est composée de plus de 5 500 kilomètres de côtes, ouvrant sur quatre mers : la Mer du Nord, la Manche, l’océan Atlantique et la Mer Méditerranée. Notre pays présente une diversité de milieux côtiers dont les caractéristiques principales sont présentées ci-dessous :

Les côtes rocheuses sont constituées de roches cristallines résistantes. Elles comprennent fréquemment des caps, criques ou îlots que la mer a formé au cours des temps géologiques. Le littoral breton est représentatif de ce type de milieu. A l’échelle humaine, ce type de littoral ne représente aucune inquiétude quant à son érosion.

Les baies et estuaires sont des secteurs en engraissement (accumulation et dépôt de sédiments). Ce sont des milieux en mouvance perpétuelle, où l’action des fleuves côtiers joue un rôle essentiel. 

Les lagunes méditerranéennes correspondent à des étangs d’eau saumâtres qui ont été séparés de la mer par un cordon littoral appelé lido. Les communications avec la mer se font par l’intermédiaire de graus. De faibles profondeurs, ces plans d’eau présentent un risque de comblement important en raison des sédiments apportés par les bassins versants et de la présence d’activités anthropiques. Le lido présente quant à lui un fort risque d’érosion, du fait de sa faible largeur et de la présence de constructions sur les grands trajets sédimentaires.

En effet, les fleuves tels que le Rhône ne transportent plus autant de sédiments qu’auparavant, en raison de l’extraction de ces derniers et de la présence de trop nombreux barrages.

Les « fausses falaises » Méditerranéennes ne se caractérisent pas par une action maritime : la mer n’a fait que rejoindre ces reliefs à partir de la transgression flandrienne (élévation de 100 m du niveau de la mer à la suite de la dernière glaciation).

Les côtes à falaise calcaire représentent quant à elle une part importante du risque d’érosion. En effet, on ne compte plus les habitations et anciens blockhaus tombés dans la mer. L’action érosive de cette dernière se localise principalement aux pieds des falaises. Mais l’eau de pluie joue un rôle essentiel : elle dissout et rend fragile le calcaire du niveau supérieur de la formation. Ainsi, l’action combinée de l’eau de pluie et de la mer provoque des éboulements. Enfin, le calcaire se dissout mais les silex contenus dans la roche se transforment en galet sous l’action du ressac. Ces derniers sont très durs et participent à leur tour à l’action érosive sur la falaise. L’érosion de ce type de littoral, que l’on retrouve essentiellement en Normandie, diffère selon les lieux mais elle peut atteindre 2 m par an en certains endroits.

Les dunes sont issues de l’action maritime et éolienne. La mer apporte le sable et le vent se charge de le transporter et de former des chaînes plus ou moins complexes. La colonisation de ces formations par une végétation adaptée permet la stabilisation de l’ensemble. Aussi, dans de nombreux lieux, l’homme a construit des bâtiments sur les dunes littorales, éliminant ainsi la végétation qui permettait une certaine stabilité du rivage. D’où aujourd’hui la prédominance du phénomène d’érosion sur ces sites.

Par Aurélien Daloz - Publié dans : Littoral (généralités)
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